• Le Pakistan crée le Pakistan Crypto Council (PCC) pour réglementer les actifs numériques et la blockchain, à la suite des recommandations du FMI visant à élargir son cadre fiscal.
  • Le PCC va élaborer des réglementations claires, collaborer avec les entreprises de blockchain et renforcer la stabilité financière. Il va aussi favoriser l’innovation dans l’industrie pakistanaise des cryptomonnaies.

Le gouvernement pakistanais a officiellement pris une mesure concrète pour réglementer et utiliser les actifs numériques en formant le Pakistan Crypto Council (PCC). Annoncée le 15 mars 2025, cette décision représente un changement important dans la politique nationale sur la blockchain et les crypto-monnaies.

The Pakistan government has established the Pakistan Cryptocurrency Council (PCC) to oversee the integration and application of blockchain technology and digital assets in the country's financial sector. Finance Minister Muhammad Aurangzeb will serve as the council's chairman.…

— Wu Blockchain (@WuBlockchain) March 16, 2025

Le rôle du FMI dans la formation du Conseil pakistanais des crypto-monnaies

Comme l’a rapporté le CNF, le projet de création du PCC a été proposé pour la première fois en février 2025. Il ne s’agissait pas seulement d’une initiative nationale, mais aussi, de recommandations du Fonds monétaire international (FMI). Afin d’augmenter les revenus de l’État, le FMI a depuis longtemps exhorté le Pakistan à élargir son assiette fiscale, y compris l’industrie des actifs numériques.

Toutefois, ce changement n’a pas qu’une finalité financière. Le Pakistan s’est déjà penché sur la technologie blockchain pour améliorer l’efficacité des transferts de fonds.

Alors que les travailleurs immigrés pakistanais envoient chaque année près de 31 milliards de dollars dans leur pays d’origine, le système traditionnel souffre parfois de frais élevés et de retards dans les transactions. La blockchain est l’une des solutions possibles pour accélérer le processus d’envoi de fonds et réduire les dépenses.

Qui dirige la PCC ?

Le ministre des Finances, Muhammad Aurangzeb, sera le président du conseil, et Bilal Bin Saqib sera le directeur général. En outre, le PCC comprendra le président de la Securities and Exchange Commission of Pakistan (SECP), le gouverneur de la State Bank of Pakistan. Il va aussi rassembler des hauts fonctionnaires dans les domaines du droit et des technologies de l’information. Cette combinaison est censée assurer un équilibre entre la stabilité financière, l’innovation technologique et le contrôle réglementaire.

Construire un marché des crypto-monnaies plus sûr et plus solide

Le Pakistan n’est pas un petit participant sur la scène des actifs numériques, avec plus de 20 millions d’utilisateurs actifs de crypto-monnaies et un volume d’échange dépassant les 20 milliards de dollars. Cependant, en l’absence de règles claires, de nombreux acteurs du secteur sont confrontés à une ambiguïté juridique. La création de la PCC permet d’espérer que l’écosystème cryptographique du pays sera mieux ciblé et bénéficiera d’une meilleure défense juridique.

Les priorités de la PCC pour l’avenir proche comprennent plusieurs points importants. L‘élaboration de règles plus claires pour le commerce et l’investissement des actifs numériques est l’un de ses principaux domaines d’intervention. Le conseil travaillera également avec des entreprises mondiales de blockchain pour garantir l’application des meilleures pratiques susceptibles de renforcer la confiance du secteur.

En travaillant avec les startups de la fintech et la communauté des développeurs, il s’efforce également d’inspirer l’innovation afin que le Pakistan puisse être compétitif au niveau international. Tout aussi crucial, le PCC vise la stabilité financière et la protection des investisseurs au moyen de règles plus strictes, permettant ainsi au marché pakistanais des cryptomonnaies de se développer de manière plus contrôlée et plus sûre.

Le Pakistan et l’Inde : deux approches, un seul objectif ?

Lorsque l’on compare l’action du Pakistan à l’approche plus limitée de l’Inde à l’égard des actifs numériques au cours des dernières années, la situation devient encore plus intrigante. Des changements sont toutefois intervenus il y a quelques mois. Coinbase , l’une des plus grandes bourses de crypto-monnaies aux États-Unis, s’est récemment enregistrée auprès de la cellule de renseignement financier (CRF) indienne, ce qui lui permet d’y exercer des activités commerciales.

Plus remarquable encore, l’ Inde est restée le premier pays au monde pour la deuxième année consécutive en matière d’adoption des crypto-monnaies. Selon une analyse de Chainalysis, les Indiens échangent activement des actifs numériques, à la fois centralisés et décentralisés, malgré des taxes élevées et une réglementation stricte.

Le Pakistan pourrait-il suivre l’exemple de l’Inde ? Ou bien choisira-t-il une stratégie plus souple ? Avec les règles qui viennent d’être élaborées, tout reste ouvert. Cela montre clairement que le Pakistan veut garder une longueur d’avance sur les autres dans la révolution numérique en constante expansion.